Des nodules sous-cutanés chez un nourrisson né dans des conditions difficiles
Vous êtes appelé en néonatalogie pour des nodules sous-cutanés inflammatoires apparus dans le dos d’un nourrisson (fig. 1). Enzo est né une semaine après le terme, d’une mère ayant développé un diabète gestationnel. Ses conditions d’accouchement ont été difficiles avec une hypoxie constatée à la délivrance et il est surveillé en milieu de réanimation néonatale.
Quelle est votre suspicion diagnostique ?
Visage et œil du patient atteint de dermatite atopique : quelle prise en charge ?
L’atteinte faciale de la dermatite atopique (DA) est une situation clinique fréquente et complexe, associée à un retentissement fonctionnel, esthétique et psychosocial important.
La multiplicité des mécanismes physiopathologiques impliqués (altération de la barrière cutanée, dysrégulation immunitaire, sensibilisations allergiques, facteurs iatrogènes) rend le diagnostic plus délicat et la prise en charge plus difficile malgré l’émergence de thérapies ciblées.
Actualités thérapeutiques dans le pemphigus
Le pemphigus est une maladie auto-immune rare. On distingue deux grands groupes de pemphigus : le pemphigus vulgaire (atteinte muqueuse, et parfois cutanée) et le pemphigus foliacé (atteinte cutanée seule). Le diagnostic repose sur des arguments clinico-immunologiques. Le rituximab a révolutionné sa prise en charge.
Muqueuse buccale et maladies systémiques : les essentiels
Les manifestations buccales sont fréquentes au cours des maladies systémiques auto-immunes et peuvent constituer à la fois des signes d’appel précoces et des marqueurs d’activité. Un examen buccal minutieux, réalisé dans des conditions optimales – idéalement sous un éclairage direct et, si possible, au fauteuil dentaire – est donc essentiel pour ne pas méconnaitre des lésions parfois très discrètes. Bien qu’elles ne soient pas pathognomoniques, ces atteintes figurent souvent parmi les premières manifestations cliniques détectables. Elles peuvent ainsi être observées dès les stades initiaux de la maladie et, dans certains cas, constituer les seules anomalies cliniques visibles. La reconnaissance de ces atteintes par le clinicien joue donc un rôle majeur dans le diagnostic précoce, la prise en charge multidisciplinaire et le suivi thérapeutique des patients. Dans ce contexte, nous allons nous intéresser plus particulièrement aux manifestations buccales observées dans plusieurs maladies auto-immunes majeures : le lupus érythémateux systémique (LES), le syndrome de Gougerot-Sjögren, la sclérodermie systémique (ScS), la granulomatose avec polyangéite (GPA), et la dermatomyosite (DM).
Prise en charge des infections sexuellement transmissibles : que disent les nouvelles recommandations ?
Cet article synthétise les recommandations actualisées de la Haute Autorité de santé (HAS) sur la prise en charge thérapeutique des infections sexuellement transmissibles (IST) symptomatiques, succédant aux recommandations de 2016. Il détaille les stratégies diagnostiques et thérapeutiques germe par germe (Chlamydia trachomatis, gonocoque, syphilis, herpès, Mycoplasma genitalium, Trichomonas vaginalis) en insistant sur les traitements de première et deuxième intentions. Les auteurs rappellent l’importance d’une approche globale de la santé sexuelle intégrant prévention, notification des partenaires et orientation vers les dispositifs adaptés.
Actualités thérapeutiques dans l’urticaire chronique
L’urticaire chronique nécessite un traitement continu pour contrôler les symptômes. Les antihistaminiques de deuxième génération représentent la première ligne, avec une augmentation possible jusqu’à quatre fois la dose standard.
En cas d’échec, l’omalizumab est le traitement de référence, efficace chez plus de 70 % des patients, avec un excellent profil de tolérance. Si l’omalizumab est insuffisant, la ciclosporine peut être proposée sous surveillance spécialisée. De nouvelles thérapies émergent, dont les inhibiteurs de la tyrosine kinase de Bruton (remibrutinib) et le dupilumab, pour lesquels les résultats sont prometteurs.
L’éducation thérapeutique et la poursuite du traitement aussi longtemps que nécessaire sont essentielles pour améliorer la qualité de vie des patients.
Une érythrodermie avec îlots de peau saine
Une patiente de 56 ans, directrice d’agence immobilière, sans antécédent notable, consulte pour l’évolution progressive rapide d’une dermatose ayant débuté à l’extrémité faciale.
Vous constatez une dermatose érythémato-squameuse en larges nappes couvrant plus de 90 % de la surface corporelle, associée à une kératodermie palmoplantaire.
Vous la voyez avec votre collègue dermatologue qui pense à un psoriasis érythrodermique. Votre impression est différente et vous avez une autre hypothèse à soumettre. Laquelle ?
Urticaire chronique spontanée : aspects cliniques et physiopathologiques
L’urticaire chronique spontanée (UCS) est une pathologie inflammatoire cutanée fréquente, caractérisée par la survenue récurrente de papules œdémateuses prurigineuses, associées ou non à un angiœdème, durant plus de 6 semaines sans facteur déclenchant identifiable. Sa physiopathologie est de mieux en mieux connue avec la compréhension d’au moins 2 grands sous-types d’UCS : auto-allergique (type I) et auto-immun (type IIb).
L’impact de cette maladie sur la qualité de vie des patients est majeur : il est donc fondamental d’en connaître les particularités cliniques pour poser le diagnostic et traiter le patient rapidement.
Que cache le terme “intelligence artificielle” ? Décryptage pour les dermatologues
L’intelligence artificielle (IA) est désormais omniprésente dans le paysage médical. Présentée comme une révolution pour la médecine, elle suscite autant d’enthousiasme que de perplexité, notamment chez les cliniciens confrontés à des outils technologiques dont les fondements demeurent flous. En dermatologie, l’IA se décline sous plusieurs formes : de la reconnaissance automatisée d’images aux systèmes de recommandation de soins personnalisés. Mais que recouvre réellement le terme “intelligence artificielle” ?
Cet article propose un éclairage sur les mécanismes sous-jacents à l’IA, ses applications concrètes dans la pratique dermatologique, ainsi que les enjeux éthiques et méthodologiques qu’elle soulève. Loin d’être une entité autonome ou un substitut au jugement clinique, l’IA doit être comprise comme un outil au service du médecin, dont la valeur dépend étroitement de la qualité des données et de l’interprétation humaine qui en est faite.
Pelade : cibler la voie JAK-STAT
La pelade (alopecia areata) est une maladie inflammatoire auto-immune multifactorielle fréquente caractérisée par la perte des cheveux et/ou poils (alopécie) pouvant toucher n’importe quelle région corporelle [1, 2]. Longtemps considérée comme une maladie “esthétique”, la pelade a pourtant un retentissement psychosocial majeur [3-5].
Alors que le traitement de la pelade a longtemps été synonyme de frustration pour les patients et les dermatologues, les récentes avancées dans la compréhension de la physiopathologie de la maladie et l’avènement de thérapies immunomodulatrices telles que les inhibiteurs de JAK (JAKi) ont changé le pronostic de la maladie.
Les JAKi sont désormais les traitements de 1re intention de la pelade sévère. Avec leur arrivée se posent désormais de nombreuses questions pour les praticiens, auxquelles je vais tenter de répondre.




