Que faire devant une suspicion d’allergie à la pénicilline ?
L’hypersensibilité à la pénicilline est un problème fréquent qui affecte la prise en charge des infections dermatologiques. Le risque doit être stratifié grâce à un interrogatoire minutieux. Le score PEN-FAST peut être utilisé en tant qu’aide thérapeutique. Au moindre doute ou au cours des situations complexes, la décision doit être prise conjointement avec un allergologue. Les tests allergologiques restent la référence pour confirmer ou infirmer une allergie médicamenteuse.
Hyperpigmentations acquises
Les hyperpigmentations acquises constituent un motif fréquent de consultation en dermatologie. Elles regroupent un ensemble hétérogène d’affections caractérisées par une augmentation localisée ou diffuse de la pigmentation cutanée, secondaire à une accumulation de mélanine, à une augmentation du nombre de mélanocytes, ou plus rarement à des dépôts pigmentaires non mélaniques. La démarche diagnostique repose avant tout sur une analyse clinique rigoureuse, aidée dans certaines situations par la lampe de Wood, la dermoscopie ou l’histologie. Leur prise en charge associe systématiquement photoprotection, contrôle des facteurs favorisants, et stratégies dépigmentantes. Au-delà de leur caractère bénin dans la majorité des cas, ces dyschromies peuvent altérer significativement la qualité de vie des patients. Malgré des avancées récentes dans la compréhension de leur physiopathologie (et notamment du rôle de la lumière visible), la prise en charge demeure difficile, en raison du caractère chronique ou récidivant de nombreuses formes, de la complexité des mécanismes physiopathologiques impliqués, et du risque d’aggravation induit par certains traitements, notamment chez les phototypes élevés.
Actualités et nouveaux allergènes dans l’eczéma de contact de l’enfant
L’eczéma de contact de l’enfant est une situation très fréquemment rencontrée en dermatologie pédiatrique. Pourtant, ce diagnostic reste souvent tardif car sous-estimé, en particulier chez les enfants atopiques. Il n’est pas rare que soient envisagés des traitements systémiques pour une dermatite atopique résistante aux dermocorticoïdes alors qu’un allergène de contact sous-jacent est en réalité en cause. Parallèlement à une augmentation de sa fréquence, les causes de l’eczéma de contact évoluent chez l’enfant. Ces étiologies varient selon les pays, les régions, les habitudes cosmétiques, vestimentaires, sportives ou de loisirs, mais également selon les modes diffusées sur les réseaux sociaux suivis par les enfants et les adolescents.
Nouvelle classification 2025 des malformations vasculaires
Les anomalies vasculaires constituent un ensemble hétérogène allant de lésions cutanées localisées à des formes complexes. La classification ISSVA (International Society for the Study of Vascular Anomalies) distingue tumeurs et malformations [1]. Au sein des malformations, le diagnostic et la prise en charge sont guidés par le caractère lent ou rapide du flux à l’échographie Doppler. Depuis 2015, l’étiopathogénie de ces malformations a été enrichie par la découverte de mutations identiques à celles des cancers mais siégeant au sein des cellules endothéliales vasculaires. La version 2025 [2, 3] intègre les données phénotypiques et génétiques qui permettent d’adapter la prise en charge thérapeutique avec l’émergence de thérapies ciblées sur les anomalies génétiques (médicaments utilisés en oncologie) [4]. Par son caractère évolutif et intégratif, elle s’inscrit dans une approche personnalisée, multidisciplinaire et fondée sur les données actuelles de la science.
Pelade de l’enfant : quels progrès ?
Généralités La pelade (alopecia areata) est une maladie inflammatoire auto-immune…
Affections du cuir chevelu de l’enfant : comment s’orienter et quelle prise en charge ?
Les affections du cuir chevelu de l’enfant sont fréquentes et souvent sources d’anxiété parentale. L’orientation diagnostique repose avant tout sur l’âge de début, le caractère localisé ou diffus de l’alopécie, l’existence d’une inflammation et l’analyse de la tige pilaire. La majorité des causes sont bénignes, dominées par la pelade, la teigne et les alopécies mécaniques. Certaines situations nécessitent néanmoins une prise en charge spécialisée rapide, notamment les lésions médianes du nouveau-né évocatrices de dysraphisme et certaines hypotrichoses syndromiques. La trichoscopie constitue aujourd’hui une aide diagnostique précieuse en pratique pédiatrique.
Prise en charge du vitiligo en France : état des lieux et perspectives thérapeutiques
Le vitiligo est une dermatose chronique auto-immune caractérisée par la destruction sélective des mélanocytes. Cette pathologie touche environ 0,5 à 2 % de la population mondiale, sans prédilection de sexe, et peut survenir à tout âge avec un pic d’incidence entre 20 et 30 ans. Au-delà de l’incidence esthétique pour les patients, le vitiligo représente un enjeu de santé publique en raison de son impact psychosocial majeur et de sa prise en charge thérapeutique complexe [1].
La compréhension récente des mécanismes physiopathologiques du vitiligo, notamment l’implication de la voie JAK-STAT, a ouvert de nouvelles perspectives thérapeutiques prometteuses. En France, la prise en charge du vitiligo connaît une révolution avec l’arrivée de traitements ciblés, particulièrement les inhibiteurs de JAK, qui viennent compléter l’arsenal thérapeutique traditionnel.
Cette mise au point propose un état des lieux de la prise en charge actuelle du vitiligo en France, en analysant les mécanismes physiopathologiques récemment élucidés, les traitements disponibles et les perspectives thérapeutiques qui pourraient transformer la prise en charge de cette pathologie complexe.
Maladies systémiques et peaux noires : des présentations atypiques et méconnues
Les maladies auto-immunes systémiques présentent des formes plus sévères et précoces chez les patients d’ascendance africaine. Ces populations sont sous-représentées dans les études cliniques et dans l’iconographie médicale. Le lupus érythémateux systémique y est 2 à 3 fois plus fréquent que chez les Caucasiens, avec un début plus jeune, une atteinte rénale fréquente, une mortalité accrue et des particularités immunologiques. Très peu de données sont disponibles en ce qui concerne la dermatomyosite ; elle se distingue par des calcinoses plus fréquentes, un érythème héliotrope rare et des dyschromies caractéristiques, souvent responsables de retards diagnostiques. La sclérodermie systémique débute précocement, avec une prédominance des formes diffuses sévères, des signes cutanés pigmentaires spécifiques et une association aux anticorps anti-U3RNP, liés à des atteintes viscérales graves. La sarcoïdose est plus fréquente et sévère, marquée par des lésions cutanées spécifiques et des atteintes systémiques, notamment cardiaques et neurologiques, de mauvais pronostic. Ces données mettent en évidence l’importance de former les cliniciens aux présentations atypiques sur peau noire, de réduire les inégalités d’accès aux soins et de promouvoir des études dédiées.
Maladies chéloïdiennes : diagnostic et prise en charge
Les chéloïdes sont des tumeurs fibroprolifératives bénignes caractérisées par une production excessive de collagène de type 1 et 3 et une cicatrisation pathologique persistante. Leur incidence est plus élevée chez les sujets jeunes et dans les populations à peau foncée. Le diagnostic est essentiellement clinique, reposant sur des lésions fibreuses s’étendant au-delà de la plaie initiale, souvent prurigineuses ou douloureuses. Elles présentent une grande hétérogénéité clinique (formes superficielles, lobulaires, mixtes ou suppuratives) et doivent être distinguées des cicatrices hypertrophiques. La prise en charge reste difficile et repose sur des stratégies multimodales associant injections intralésionnelles, techniques physiques, chirurgie et traitements adjuvants. Les thérapies ciblées émergentes pourraient améliorer la prise en charge future.
Nécrolyse épidermique de l’enfant : caractéristiques cliniques, complications et pronostic
La nécrolyse épidermique (NE), qui inclut le syndrome de Stevens-Johnson…




