Tout d’abord, il convient de définir le mot “génodermatoses” ; il concerne les maladies dermatologiques associées à une étiologie génétique. On peut distinguer deux grands cadres au sein de ces génodermatoses (fig. 1) :
– les maladies généralement familiales de transmission classique mendélienne ;
– les maladies généralement sporadiques associées à un ou plusieurs variants de survenue anténatale (post-zygotique) ou après la naissance (somatique) [1] et dont la présentation clinique est évocatrice d’un mosaïcisme, c’est-à-dire la coexistence d’au moins deux lignées cellulaires génétiquement différentes au sein d’un individu à partir d’un zygote unique. Leur première reconnaissance clinique est à mettre au crédit d’Alfred Blaschko.
Cette distinction est fondamentale concernant le diagnostic moléculaire. En effet, alors que dans l’immense majorité des cas de génodermatoses, l’examen est réalisé à partir d’un prélèvement sanguin, les maladies dites “en mosaïque” nécessitent un prélèvement frais de tissu atteint (généralement une biopsie cutanée de type punch, fig. 1) où est/sont présent(s) uniquement le ou les variant(s) génétique(s), quasiment toujours absent(s) du sang [2]. Par ailleurs, contrairement aux pratiques classiques dans les laboratoires de génétique qui utilisent des fibroblastes cultivés, il est recommandé d’extraire directement l’ADN à partir du tissu frais, ce qui permet d’étudier l’ensemble des types cellulaires de la peau. En effet, il peut exister des examens faux négatifs à partir de fibroblastes cultivés (variant absent de la lignée fibroblastique ou perte du variant en culture du fait d’un désavantage clonal des cellules mutées) [2].
La stratégie en génétique moléculaire va dépendre du contexte. Concernant les génodermatoses, l’utilisation du séquençage de type Sanger conventionnel en première intention est devenue extrêmement limitée et réservée à certaines indications très spécifiques (ex : syndrome CHILD et NSDHL). Le séquençage de nouvelle génération (NGS) est aujourd’hui très largement utilisé en première intention avec des panels de gènes plus ou moins larges (de moins d’une dizaine de gènes pour des phénotypes spécifiques sur le plan clinique et peu hétérogènes sur le plan génétique – exemple : neurofibromatoses ; jusqu’à environ une centaine de gènes lorsqu’il existe une hétérogénéité génétique importante et une absence de corrélation génotype-phénotype – exemples : albinisme et pigmentation, icthyoses). Le rendement moyen de ces panels est d’environ[...]
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