Les progrès techniques conduisant à une meilleure caractérisation moléculaire des tumeurs permettent non seulement d’accéder à des cibles thérapeutiques nouvelles, mais également de reclasser certaines de ces tumeurs et de mieux comprendre leur pronostic. On observe de plus en plus de mises en commun de données issues de centres spécialisés en onco-dermatologie, qui nous aident à prendre les meilleures décisions pour nos patients au quotidien, en particulier sur des questions non résolues par les essais thérapeutiques. Le développement d’outils connectés et de calculateurs issus de grosses bases de données sont utiles dans nos consultations pour optimiser l’adhésion du patient. Le volume de publications sur les carcinomes épidermoïdes cutanés (CEC) ne cesse d’augmenter, comme la part des CEC dans la file active des immunothérapies en onco-dermatologie. Enfin, la recherche continue d’avancer rapidement en oncologie, mais l’écart se creuse désespérément entre les résultats présentés en congrès et l’accès aux innovations thérapeutiques pour les patients français, mettant les praticiens dans des positions pour le moins inconfortables.
Les mélanomes
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Les mélanomes “bleus” : des mélanomes à part
Les mélanomes de type bleu (MB) constituent un type à part au sein des mélanomes, désormais mieux individualisés sur le plan moléculaire [1]. Comme les nævus bleus (NB), ils présentent des anomalies du cycle de la protéine Gq (GNAQ et GNA11), ou en lien avec la progression tumorale, impliquant BAP1, SF3B1 et EIF1AX, et plus rarement des mutations de CYSLTR2, ou PLCB4, ou des fusions de gènes comme PKC et GRM1. Ce qui en fait des tumeurs assez proches, sur le plan moléculaire, des mélanomes uvéaux. Ils ont une charge mutationnelle faible et moins de mutations UV-induites que les mélanomes cutanés standard. Le NB est un nodule bleuté indolent de petite taille, le plus souvent situé sur les extrémités, les fesses ou le cuir chevelu. La dernière classification de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) des tumeurs cutanées de 2023 introduit le terme de mélanocytome pour les tumeurs de pronostic intermédiaire, autrefois appelées nævus bleu cellulaire atypique. Elles se présentent comme une modification lente de taille d’un NB préexistant. Les mélanocytomes présentent des atypies histologiques (forte densité cellulaire, atypies cytologiques), mais pas tous les critères permettant de conclure au MB, notamment une faible activité mitotique. Le MB apparaît, lui, sous forme d’un nodule de croissance assez rapide, également sur une lésion préexistante depuis des années (fig. 1), le plus souvent chez des adultes (> 45 ans). Histologiquement, on observe de larges nodules dermiques/hypodermiques, souvent à centre nécrotique, détruisant les annexes, avec une composante[...]
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