Les pénicillines sont des antibiotiques appartenant à la famille des β-lactamines. Les pénicillines possèdent une activité bactéricide efficace contre les germes Gram-positifs comme le streptocoque, le staphylocoque, ou le pneumocoque. Elles sont les antibiotiques les plus fréquemment prescrits en situation probabiliste de première intention pour les infections urinaires, cutanées, pulmonaires et de la sphère oto-rhino-laryngologique (ORL). Elles sont également indiquées pour l’antibioprophylaxie au long cours chez des patients à risque (chimiothérapie, splénectomie). Parmi les autres β-lactamines, on retrouve les céphalosporines de 1re, 2e, 3e, 4e, et 5e générations (dites “C1G à C5G”), les carbapénèmes, et les monobactames. Ces molécules ont un spectre plus large que les pénicillines et sont largement prescrites en milieu hospitalier.
La tolérance globale de ces différents antibiotiques est généralement bonne. Les réactions d’hypersensibilité font partie des effets indésirables les plus fréquents et peuvent se manifester sous plusieurs formes : éruption cutanée, urticaire, prurit, angiœdème, toxidermie ou encore anaphylaxie. Bien que ces réactions d’hypersensibilité soient bénignes la plupart du temps, il existe des situations d’anaphylaxies vraies aboutissant exceptionnellement au décès du patient. En pratique, l’apparition d’un symptôme évocateur de réaction d’hypersensibilité au cours d’un traitement antibiotique doit faire suspecter une réaction allergique – médiée par des immunoglobulines (Ig) E ou non, en fonction de l’anamnèse – et conduire le clinicien à contre-indiquer la molécule.
Par définition, le diagnostic de certitude d’allergie médicamenteuse ne peut être porté qu’après réalisation de tests allergologiques adaptés (tests cutanés et/ou tests de provocation orale [TPO]). Pourtant, en population générale, 35 % des patients déclarent avoir une allergie médicamenteuse. Selon une méta-analyse récente, l’allergie déclarée à la pénicilline concerne 9,4 % de la population mondiale [1]. En raison de leur structure chimique commune, toute suspicion d’allergie aux pénicillines conduit fréquemment à la contre-indication du reste des β-lactamines afin d’éviter le risque d’allergie croisée.
Ces évictions médicamenteuses sont souvent abusives et parfois injustifiées. En effet, les études évaluant la sécurité des tests cutanés et des réintroductions orales sont plutôt rassurantes. D’après une méta-analyse, 95 % des[...]
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