Les cancers cutanés constituent le groupe de cancers le plus fréquent, dominé très largement par les carcinomes (basocellulaires et épidermoïdes, dans 90 % des cas), le nombre de nouveaux cas ayant plus que triplé en France entre 1990 et 2023. Bien qu’il ne représente que 10 % des cancers de la peau, le mélanome reste le plus préoccupant du fait de son potentiel métastatique et de sa mortalité [1].
Les principaux facteurs de risque des cancers cutanés sont désormais bien établis : antécédents personnels ou familiaux de cancers cutanés, phototype clair (I-II), exposition solaire cumulée et/ou intense, notamment durant l’enfance, antécédents de coups de soleil, âge avancé, présence de lésions précancéreuses (kératoses actiniques), immunodépression, et certaines expositions professionnelles.
Parmi ces facteurs, l’immunodépression, qu’elle soit liée à la maladie chronique elle-même ou à ses traitements, majore significativement le risque de survenue et l’agressivité des carcinomes cutanés, justifiant une vigilance dermatologique accrue chez ces patients. Les maladies inflammatoires chroniques (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin [MICI], rhumatismes inflammatoires, psoriasis) partagent avec le contexte carcinologique cutané un dénominateur commun : le recours fréquent et prolongé à des traitements immunosuppresseurs et/ou immunomodulateurs. Ce risque théorique de majoration du risque de cancer cutané, en particulier de carcinome, a longtemps justifié, par principe de précaution, une surveillance dermatologique rapprochée, souvent annuelle chez ces patients, en l’absence de données robustes permettant de moduler ce rythme de suivi.
Ce suivi systématique fait aujourd’hui débat, faute de bénéfice clinique[...]
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