L’acné est une pathologie inflammatoire chronique pouvant survenir à tout âge. Quelle que soit la sévérité, elle affecte l’apparence physique et peut donc avoir un retentissement psychologique important. Des avancées récentes permettent de préciser l’importance de certains facteurs dans la pathogénie de l’acné, notamment le microbiome cutané, le microcomédon et également les facteurs génétiques. Ces données ont des conséquences pour notre prise en charge thérapeutique des patients acnéiques.
Nouveautés en physiopathogénie
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Acné et génétique
Le caractère héréditaire de l’acné est observé depuis longtemps. La survenue d’acné est plus fréquente lorsqu’il existe des antécédents (ATCD) familiaux d’acné sévère et il existe une concordance nette chez les jumeaux. Des études d’association pangénomique récentes soulignent cette composante génétique particulièrement pour les acnés sévères. La contribution de facteurs environnementaux serait mineure, servant essentiellement de déclencheur. Quelques syndromes monogéniques rares sont associés à l’acné sévère, comme :
– le syndrome d’Apert : variant gaine de fonction d’un gène codant pour FGFR2, un récepteur tyrosine kinase ;
– ou le syndrome associant dystrophie rétinienne, colobome irien et acné comédogène ; variant perte de fonction du gène RBP1 codant pour la protéine liant le rétinol 4.
Ces facteurs génétiques soulignent le rôle central des phénomènes d’adhésion cellulaire, de migration et de régulation de progéniteurs cellulaires, mais n’expliqueraient pas les phénomènes inflammatoires cutanés [1].
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Microbiome et dysbiose
Le microbiome joue un rôle déterminant dans l’homéostasie cutanée et les fonctions de la peau. Les 4 phyla prédominants sont les mêmes dans la peau des patients acnéiques et non acnéiques mais leur diversité est corrélée à la présence ou non d’acné.
L’article de Podwojniak et al. rappelle que Cutibacterium acnes interagit avec d’autres bactéries conduisant au développement de l’acné. Ainsi, les interactions avec Cutibacterium granulosum impactent l’équilibre cutané, Staphylococcus aureus augmente la virulence de C. acnes et Staphylococcus epidermidis maintient un équilibre et une relation symbiotique avec C. acnes. En cas de déséquilibre ou dysbiose, l’intégrité de la barrière cutanée est affectée avec augmentation de la perte d’eau transépidermique, modification du sébum, du pH et développement d’un érythème [2].
Par ailleurs, une équipe chinoise souligne que, à côté de C. acnes, la levure lipophile Malassezia affecte également la sécrétion des glandes[...]
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