Prurits psychogènes

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Intuitivement, il est simple de diagnostiquer un prurit psychogène, parfois appelé prurit somatoforme ou prurit psychosomatique ou trouble fonctionnel prurigineux : c’est un prurit induit par des facteurs psychiques. En réalité, la situation est beaucoup plus complexe car le vrai prurit psychogène est rare, alors qu’un prurit d’une autre cause est fréquemment aggravé par des facteurs psychiques. C’est pourquoi il y a beaucoup d’erreurs diagnostiques par défaut et surtout par excès [1].

Diagnostic

Le Groupe Psycho-Dermatologie de la Société Française de Dermatologie, qui comprend non seulement des dermatologues mais aussi des psychologues et des psychiatres, définit le prurit psychogène, qu’il nomme “trouble fonctionnel prurigineux”, comme “un trouble prurigineux dans lequel le prurit est au centre de la symptomatologie et où les facteurs psychologiques jouent un rôle évident dans le déclenchement, l’intensité, l’aggravation ou la persistance du prurit” [2].

Le prurit psychogène est donc bien différent d’un prurit idiopathique et ce n’est en aucun cas un diagnostic d’élimination. Le diagnostic doit s’appuyer sur des critères négatifs (pas de cause somatique) mais aussi sur des critères positifs (caractéristiques cliniques, association à des facteurs psychologiques ou à des événements de vie stressants, réponse aux traitements). Pour éviter les diagnostics par excès ou par défaut, le Groupe Psycho-Dermatologie a donc proposé 10 critères diagnostiques (3 obligatoires et 7 facultatifs) (tableau I) [2]. Ainsi, le diagnostic de prurit psychogène ne peut être retenu qu’en présence des 3 critères obligatoires et de 3 des 7 critères facultatifs (au minimum).

Diagnostic différentiel

Tout prurit sine materia représente un diagnostic différentiel et cela est d’autant plus difficile que le prurit est aggravé par des facteurs psychiques. C’est peut-être avec le prurit neuropathique que le problème se pose le plus car d’autres sensations désagréables sont souvent associées et sont souvent très atypiques, en particulier au cours des neuropathies des petites fibres, de la sclérose en plaques ou de la neuromyélite optique [3].

Il peut également être difficile de différencier le prurit psychogène des lésions auto-induites : excoriations psychogènes,[...]

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À propos de l’auteur

Service de Dermatologie, CHRU, BREST. Laboratoire Interactions Epithéliums Neurones, LIEN, Université de BREST.

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