Qu’est-ce qu’une maladie auto-inflammatoire ? Quand y penser ?

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Les maladies auto-inflammatoires (MAI) représentent un ensemble de pathologies liées à un dérèglement de l’immunité innée. Le concept de syndrome auto-inflammatoire a été, pour la première fois, utilisé pour décrire le syndrome de déficit du récepteur 1 du TNF (TRAPS), considérant une pathologie comprenant des poussées inflammatoires intermittentes sans facteur déclenchant apparent [1]. Cette définition s’est ensuite étendue à trois autres maladies rares mendéliennes considérées comme des prototypes, la fièvre méditerranéenne familiale comme référence historique, le syndrome de déficit en cryopyrine (CAPS) comme modèle physiopathogénique et le déficit en mévalonate kinase.

Le concept de MAI s’est étendu progressivement à d’autres maladies mendéliennes se rapportant aux gènes de l’immunité innée comme des maladies granulomateuses, intéressant des mutations de NOD2/CARD15 et certaines formes de psoriasis inflammatoire comme le syndrome de déficit sur le récepteur antagoniste de l’inter-leukine 1 (DIRA) et le syndrome de déficit sur le récepteur antagoniste de l’interleukine 36 (DITRA). Par extension du concept, un certain nombre de maladies fréquentes, plurifactorielles présentant un masque clinique commun aux fièvres récurrentes héréditaires (comme la maladie de Still) et/ou une physiopathologie intéressant des gènes de l’immunité innée (comme la goutte) ont été intégrées progressivement dans le groupe des MAI, rendant de plus en plus complexes les tentatives de classification [2].

Une proposition de classification est montrée dans le tableau I. Un grand nombre de maladies inflammatoires communes – regardées jusqu’ici uniquement par leur composante auto-immune – sont aujourd’hui revisitées par leur composante auto-inflammatoire laquelle contribue plus ou moins à leur expression clinique et en constitue souvent le primum movens [3].

L’immunité innée représente le moyen de défense le plus archaïque contre les pathogènes. Par opposition à l’immunité adaptative, elle est caractérisée par une réponse rapide et non spécifique à des antigènes. Une part importante de sa physiologie, jusqu’ici peu connue, a été élucidée par la reconnaissance de maladies humaines rares dont le mécanisme relève de mutations héritées ou de novo de gènes impliqués dans la régulation de l’immunité innée, les maladies auto-inflammatoires. Contrairement aux mutations affectant l’immunité acquise, les mutations affectant l’immunité innée tendent pour la plupart à un gain de fonction, ce qui pose pour certaines d’entre elles la question d’un éventuel avantage sélectif.

Chez les malades, les MAI se manifestent par des fièvres récurrentes inexpliquées associées de façon variable en intensité et fréquence à des atteintes d’organes (peau, yeux, muqueuses,[...]

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À propos de l’auteur

Service de Pédiatrie générale et Rhumatologie pédiatrique, Centre de référence des maladies auto-inflammatoires de l’enfant (CeRéMAI), CHU de Bicêtre, APHP, Université Paris Sud, LE KREMLIN-BICETRE.

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