Éditorial

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Les traitements des maladies inflammatoires et auto-immunes occupent une place importante dans ce numéro. Les progrès sont nombreux, mais leur intérêt pour notre pratique se mesure aussi à la possibilité de mieux prendre en compte les maladies associées et de réduire les contraintes des traitements prolongés.

Les articles de M.-A. Ionescu et A. Frazier sur le psoriasis et de D. Kottler et A. Guihot sur les biothérapies se complètent sur ce point. Le choix d’un traitement systémique doit intégrer les atteintes extracutanées, notamment articulaires et digestives. Disposer d’une molécule efficace sur plusieurs manifestations représente un avantage, à condition que ce choix permette de contrôler l’atteinte la plus sévère. Ces situations soulignent l’intérêt d’échanges réguliers avec les autres spécialistes, dès la décision thérapeutique.

La revue de T. Mahévas présente les avancées récentes dans les maladies de système, avec notamment les traitements ciblant les interférons ou leur signalisation. L’épargne cortisonique constitue un objectif commun à plusieurs de ces développements. Les CAR-T cells, auxquelles nous consacrons également une mise au point, suscitent un intérêt particulier dans les maladies auto-immunes sévères et réfractaires. Les premières rémissions prolongées sans traitement immunosuppresseur continu sont encourageantes. Le recul, la sélection des patients et les contraintes de mise en œuvre restent toutefois déterminants pour définir leur place, notamment dans les maladies bulleuses auto-immunes.

La surveillance des cancers cutanés fait l’objet d’une contribution d’A. Lafon. Son article examine le risque associé aux maladies inflammatoires et à leurs traitements, ainsi que les possibilités d’un suivi davantage adapté au risque individuel.

Sur le versant infectieux, L. Tissandier et A. Bertolotti décrivent les manifestations cutanéo-muqueuses du chikungunya. Au-delà de l’exanthème, les troubles pigmentaires, les lésions muqueuses et les formes bulleuses du nourrisson méritent d’être connus. Cette mise au point clinique est particulièrement utile dans un contexte d’expansion des arboviroses.

Enfin, les analyses bibliographiques d’A. Lefebvre rappellent l’intérêt des essais dont les résultats ne confirment pas le bénéfice attendu. Dans la gale sévère, l’augmentation de la dose d’ivermectine n’a pas montré de supériorité dans le schéma étudié. La supplémentation maternelle en prébiotiques n’a pas non plus réduit la survenue d’une dermatite atopique à 1 an chez les enfants à risque. Ces données ont toutes leur place aux côtés des nouveautés thérapeutiques : elles nous aident à préciser ce qui est utile dans nos prescriptions.

Nous espérons que ces articles vous apporteront des repères pour[...]

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À propos de l’auteur

Clinique dermatologique Centre de référence des maladies bulleuses auto-immunes Inserm U1234 PANTHER CHU de ROUEN.