Perspectives d’utilisation des CAR-T cells dans les maladies auto-immunes
Initialement développées dans les hémopathies malignes B, les CAR-T cells anti-CD19 ouvrent aujourd’hui une voie thérapeutique majeure dans les maladies auto-immunes sévères et réfractaires. Leur intérêt repose sur une déplétion profonde du compartiment B, plus complète que celle obtenue avec les anticorps anti-CD20, notamment au niveau tissulaire. Les premières données cliniques, principalement dans le lupus systémique, la sclérodermie et les myosites inflammatoires, rapportent des rémissions cliniques et biologiques prolongées, sans qu’aucun traitement au long cours ne soit plus nécessaire. Le profil de tolérance semble plus favorable que dans les hémopathies malignes, avec des syndromes de relargage cytokinique le plus souvent modérés et une neurotoxicité rare. Les maladies bulleuses auto-immunes constituent également un champ d’exploration prometteur, en particulier lorsque persiste une composante humorale ou plasmocytaire échappant au rituximab. Les principaux défis restent la sélection des patients, le recul encore limité, le coût, les contraintes organisationnelles et la place exacte de ces traitements dans la stratégie thérapeutique. Les développements futurs – CAR-T allogéniques, CAR-T in vivo, doubles ciblages CD19/BCMA, T-cell engagers, CAR-Treg ou CAAR-T – pourraient transformer ces approches encore complexes en outils plus accessibles, plus ciblés et potentiellement curatifs.
