Impact des maladies de la peau sur le développement de l’enfant et de l’adolescent

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“Ce qu’il y a de plus profond dans l’homme c’est la peau.”

Ces mots de Paul Valéry [1] mettent en exergue les liens privilégiés qu’entretiennent la peau et le système nerveux. Ayant la même origine embryonnaire, ils se différencient progressivement de l’ectoderme, qui forme à la fois la peau, les organes de sens et le cerveau [2].

La complexité anatomique et physiologique de la peau préfigure la construction de l’individu sur le plan psychique. La peau, riche en terminaisons nerveuses, sensorielles et endocriniennes, intervient dans de nombreuses fonctions de lien entre l’extérieur et l’intérieur de notre organisme. Elle est essentielle dans notre vie relationnelle. Elle dévoile nos sentiments et nos émotions, et garde les traces de notre identité, de notre vie. Elle est à la fois limite et passage. Notre langage courant est d’ailleurs riche de métaphores se référant à ces liens : “être bien ou mal dans sa peau”, “avoir quelqu’un dans la peau”, “se mettre dans la peau de l’autre”

C’est par la peau que la communication commence, avant la parole, et c’est souvent par elle qu’elle se termine quand les mots ne sont plus là et que seul le toucher est possible.

Le retentissement réciproque des maladies dermatologiques et des troubles psychiatriques a donné lieu à différentes classifications. Celle de 2002 différencie les troubles psychiatriques (dépression, anxiété) secondaires à des maladies cutanées chroniques (dermatite atopique, psoriasis…), les troubles psychiatriques favorisant les maladies cutanées, surtout dans les formes sévères, ainsi que les maladies cutanées modulées par des troubles psychopathologiques comme la dermatite atopique, le psoriasis, la pelade, l’urticaire et l’acné.

La physiopathologie nous aide à comprendre les liens entre les affections cutanées et les troubles psychopathologiques. Deux voies principales d’interaction existent entre la peau et le système nerveux : la voie neuro-immuno-cutanée et la voie endocrine, particulièrement impliquée dans les situations de stress.

Nous allons évoquer les interactions de la peau et du psychisme dans le développement de l’individu, la constitution de son enveloppe psychocorporelle et l’impact de la maladie cutanée qui se manifeste au cours de l’enfance et de l’adolescence. La nature composite de ces interactions appelle dermatologue et psychiatre à travailler ensemble.

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À propos de l’auteur

Psychiatre d’enfants et d’adolescents, CHU de BREST.