La main des lupus

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Le lupus érythémateux (LE) est une maladie auto-immune caractérisée par une dysfonction du système immunitaire inné et acquis, aboutissant à la production d’auto-anticorps pathogènes dirigés contre les composants des noyaux cellulaires et une inflammation chronique non spécifique d’organe. Les atteintes cutanées et articulaires sont les plus fréquentes avec des prévalences d’environ 80 % chacune. L’atteinte des mains est donc au premier plan de la maladie.

Savoir reconnaître les différentes atteintes des mains des lupus est essentiel :

  • d’une part, car elles sont liées à des causes multiples pouvant nécessiter des traitements totalement différents ;
  • d’autre part, car elles permettent de différencier le lupus des autres connectivites dont le diagnostic différentiel est parfois difficile.

Dans cet article, après une brève description de l’atteinte articulaire du lupus, nous détaillerons les manifestations dermatologiques des mains des lupus en discutant les diagnostics différentiels associés.

Atteintes articulaires

La prévalence de l’atteinte articulaire dans le lupus érythémateux est élevée, variant de 65-95 % en fonction des études. Selon la classification des critères SLICC (Systemic lupus international collaborating clinics), l’atteinte articulaire du LE est définie par l’existence de ≥ 2 synovites caractérisées par la présence d’un gonflement ou d’un épanchement articulaire associés à une douleur avec raideur matinale d’au moins 30 minutes. Classiquement, l’atteinte articulaire est symétrique et touche plutôt les petites articulations, en particulier des mains. En radiographie standard, elle est classiquement non érosive. Des études en échographie ou en IRM ont montré la présence de synovites dans plus de 60 % des cas et de ténosynovites dans 4-57 % des études [1].

Plusieurs études ont montré que la présence d’une atteinte articulaire au stade initial de la maladie était associée à la récidive de poussées articulaires et à une évolution chronique [2, 3]. Une atteinte articulaire plus sévère survient dans environ 5 % des cas. L’atteinte la plus classique est la main de Jaccoud (fig. 1). Elle se caractérise par une déformation indolore ou peu douloureuse des rayons cubitaux II, III, IV et V avec luxation ulnaire des tendons extenseurs dans les[...]

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À propos de l’auteur

Faculté de Médecine, Sorbonne Université, AP-HP ; Service de Dermatologie et Allergologie, Hôpital Tenon, PARIS.