Le syndrome VEXAS est un syndrome auto-inflammatoire acquis de l’adulte. David Beck et Peter Grayson l’ont décrit en 2020 [1]. Dans leur publication, les auteurs évoquaient une série de 25 patients de sexe masculin, présentant un tableau clinique associant fièvre, chondrites, éruption cutanée compatible avec un syndrome de Sweet, des anomalies hématologiques en rapport avec un syndrome myélodysplasique, des vacuoles au sein des cellules myéloïdes. Les auteurs identifiaient des mutations somatiques du gène UBA1 codant pour l’enzyme E1 impliquée dans les phénomènes d’ubiquitination. Proposé par les auteurs, l’acronyme VEXAS correspondait à V pour vacuoles, E pour enzyme E1, X pour le mode de transmission lié à l’X, A pour auto-inflammation et S pour mutation somatique.
Depuis l’article princeps, plus de 700 cas ont été décrits dans la littérature. La maladie touche des hommes dans 99 % des cas. D’exceptionnels cas de VEXAS en contexte de syndrome de Turner ont été décrits. L’atteinte la plus fréquente est cutanée. Elle est retrouvée dans 83 à 89 % des observations. Inaugurale chez 50 % d’entre eux, elle s’apparente le plus souvent à un syndrome de Sweet histiocytoïde. Les signes généraux sont également très fréquents avec fièvre, amaigrissement et un syndrome inflammatoire biologique retrouvé dans 97 %.
Les anomalies hématologiques sont fréquentes. La macrocytose est quasi constante (95 %) et deux tiers des patients ont des cytopénies, avec des anomalies morphologiques médullaires : vacuoles, signes cytologiques de myélodysplasie. D’autres atteintes sont également retrouvées : ORL avec chondrites auriculaires et nasales, atteintes pulmonaires avec pneumopathies organisées, polyarthrites, atteintes oculaires (sclérites), neuropathies périphériques plus rarement. Les patients ont un risque thrombotique et également un risque infectieux accru.
Dans une publication de 2021, Zakine et al. [2] ont rapporté une description précise de l’atteinte cutanée. Les patients ont fréquemment des papules, des plaques ou des nodules du tronc et des membres, touchant plus rarement le visage, de disposition arciforme dans un tiers des cas. L’histologie des lésions de VEXAS montre le plus souvent un infiltrat myéloïde s’apparentant à un Sweet histiocytoïde avec des cellules CD68+, MPO+. Ces cellules sont UBA1-mutées. La présence d’une vascularite est controversée : non décrite dans la série du French VEXAS Group qui ne retrouve que de la leucocytoclasie, elle est rapportée dans d’autres séries internationales [3].
Les lésions cutanées sont clonales avec une mutation UBA1 retrouvée dans la peau, similaire à celle du sang ou de la moelle des patients. D’autres signes cutanés ont été rapportés : pustuloses, phénomènes de pathergie, pseudo-érysipèles,[...]
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