Traitement des maladies auto-immunes par les cellules CAR-T : une perspective prometteuse ?

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Les maladies auto-immunes constituent un groupe hétérogène de pathologies caractérisées par une rupture de la tolérance immunitaire. La sensibilisation contre les antigènes entraîne la formation de lymphocytes T et B autoréactifs, ainsi que d’auto-anticorps, qui sont responsables des lésions tissulaires [1].
Cependant, les résultats des essais cliniques utilisant des anticorps monoclonaux déplétant les lymphocytes B sont mitigés. Certains n’atteignent pas leurs objectifs cliniques, et aucune rémission prolongée sans médicaments n’a été clairement démontrée [2-4]. En revanche, les cellules CAR-T (cellules T à récepteur antigénique chimérique dirigées contre les lymphocytes B) possèdent un potentiel curatif, au moins dans les hémopathies malignes, comme le suggèrent les données issues des essais cliniques [5]. Leur application dans le traitement des maladies auto-immunes soulève alors la question [6] : peut-on exploiter cette technologie pour réinitialiser durablement le système immunitaire ?
Le principe consiste à développer des stratégies permettant de détruire définitivement les clones autoréactifs, en vue d’une suppression durable de la maladie, et ainsi permettre aux patients d’interrompre tout traitement immunosuppresseur ou biologique.
Le développement de récepteurs génétiquement modifiés, tels que les CARs, permettrait-il d’atteindre un tel objectif ? Le terme “chimérique” dérive des différentes origines des composants du CAR : un domaine de reconnaissance antigénique extracellulaire dérivé d’anti­corps, un domaine transmembranaire, et un domaine intracellulaire d’activation provenant des lymphocytes T. L’ADN codant le CAR peut être transféré dans des cellules immunitaires ex vivo, comme les lymphocytes T, pour générer des cellules CAR-T. Après perfusion chez le patient, ces cellules reconnaissent l’antigène cible, s’activent, et éliminent la cellule exprimant cet antigène, typiquement le lymphocyte B [7].

Progrès et perspectives des CAR-T cells pour les maladies auto-immunes

En 2022, Schett et ses collègues ont publié une série de 5 cas de patients souffrant de lupus érythémateux systémique réfractaire, traités par cellules CAR-T ciblant CD19. Tous les patients ont atteint une rémission sans médicament, sans activité clinique ni sérologique, même après la reconstitution des lymphocytes B [8]. Ces résultats remarquables ont bouleversé la communauté scientifique, suggérant[...]

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À propos de l’auteur

Service de Médecine interne et Immunologie clinique – Hôpital Rangueil, CHU de TOULOUSE