Genèse du projet
Les toxidermies médicamenteuses sont fréquentes : 0,7 à 3 % des patients hospitalisés et environ 1 % des patients ambulatoires [1, 2]. Si la plupart se manifestent par des exanthèmes bénins, certaines formes sévères (syndrome DRESS [drug reaction with easinophilia and systemic symptoms], PEAG [pustulose exanthématique aigüe généralisée], syndrome de Stevens-Johnson [SSJ] ou de Lyell [nécrolyse épidermique toxique, NET]) peuvent engager le pronostic vital et nécessitent une identification rapide du médicament responsable.
L’outil fondamental pour cette analyse est la frise chronologique médicamenteuse [3] : une représentation graphique plaçant sur un axe temporel les médicaments pris par le patient avant l’apparition de la réaction cutanée. La chronologie est en effet déterminante : chaque toxidermie est associée à un délai d’apparition caractéristique, au sein duquel le médicament responsable a été introduit.
En tant qu’interne de dermatologie, j’étais régulièrement appelé pour des suspicions de toxidermie. Les frises reçues, souvent manuscrites ou conçues sur le logiciel Excel, étaient parfois difficiles à analyser. Deux raisons principales : la méthodologie de création d’une frise n’est pas connue de tous, et sa réalisation reste chronophage.
Toxi-frise (toxi-frise.fr) [4] est né de ce constat : un site web gratuit et accessible depuis n’importe quel navigateur, conçu pour standardiser et accélérer la création des frises chronologiques médicamenteuses.
Description de l’outil
L’interface est volontairement simple et intuitive. Le médecin renseigne :
– la date de la première manifestation de toxidermie (attention, ce n’est pas toujours le rash : cela peut être une atteinte muqueuse ou une anomalie biologique) ;
– le type de toxidermie suspecté (DRESS, SSJ/NET, exanthèmes maculo-papuleux [EMP], PEAG, érythème pigmenté fixe [EPF] principalement) ;
– la liste des médicaments pris dans les trois derniers mois, avec leurs dates de début et de fin. Plusieurs périodes peuvent être saisies pour un même médicament. Une case “traitement de fond” permet de signaler les traitements continus introduits il y a plus de trois mois (ils peuvent influencer l’analyse, surtout si leur structure chimique est proche de celle[...]
Connectez-vous pour consulter l'article dans son intégralité.
Vous êtes abonné(e)
IDENTIFIEZ-VOUS
Pas encore abonné(e)
INSCRIVEZ-VOUS
Inscrivez-vous gratuitement et profitez de tous les sites du groupe Performances Médicales
S'inscrire

