Muqueuse buccale et maladies systémiques : les essentiels

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Les manifestations buccales sont fréquentes au cours des maladies systémiques auto-immunes et peuvent constituer à la fois des signes d’appel précoces et des marqueurs d’activité. Un examen buccal minutieux, réalisé dans des conditions optimales – idéalement sous un éclairage direct et, si possible, au fauteuil dentaire – est donc essentiel pour ne pas méconnaître des lésions parfois très discrètes. Bien qu’elles ne soient pas pathognomoniques, ces atteintes figurent souvent parmi les premières manifestations cliniques détectables. Elles peuvent ainsi être observées dès les stades initiaux de la maladie et, dans certains cas, constituer les seules anomalies cliniques visibles. La reconnaissance de ces atteintes par le clinicien joue donc un rôle majeur dans le diagnostic précoce, la prise en charge multidisciplinaire et le suivi thérapeutique des patients. Dans ce contexte, nous allons nous intéresser plus particulièrement aux manifestations buccales observées dans plusieurs maladies auto-immunes majeures : le lupus érythémateux systémique (LES), le syndrome de Gougerot-Sjögren, la sclérodermie systémique, la granulomatose avec polyangéite (GPA), et la dermatomyosite.

Lupus érythémateux systémique

Les manifestations buccales du LES, présentes chez 5 à 52 % des patients, varient selon l’activité de la maladie et les traitements. Elles peuvent toucher la muqueuse jugale, le palais dur, la langue et le vermillon. Cliniquement, elles sont très variées : érythème, stomatites aphteuses, lésions discoïdes, plaques kératosiques, ulcérations parfois douloureuses, purpura ou pétéchies, et chéilite. Leur présence est plus fréquente chez les fumeurs et dans les formes sévères du LES, et peut refléter une vascularite précoce. Certains patients présentent aussi une hyposialie ou des troubles oropharyngés (dysphagie, dysgueusie), notamment en cas d’arthrite ou de syndrome de Sjögren associé.

Syndrome de Gougerot-Sjögren

Les manifestations buccales du syndrome de Sjögren découlent surtout de l’hyposialie auto-immune, et entraînent une xérostomie sévère. La diminution du flux et la modification de la composition salivaire favorisent les caries rampantes, particulièrement radiculaires,[...]

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À propos de l’auteur

Service de Dermatologie, 
Hopital Saint-Éloi, MONTPELLIER.