Le carcinome épidermoïde cutané représente la deuxième néoplasie cutanée la plus courante, après le carcinome basocellulaire. Il est observé une augmentation graduelle de son incidence, corrélée au vieillissement démographique et à l’exposition cumulative aux rayonnements ultraviolets [1]. Bien que la plupart des carcinomes épidermoïdes soient identifiés à un stade localisé et traités avec succès par intervention chirurgicale, certaines présentations progressent vers des stades localement avancés inopérables [2]. Ces derniers se caractérisent par une extension tumorale significative, une infiltration profonde ou une localisation péri-orificielle qui rend l’exérèse complexe et potentiellement mutilante (fig. 1). Ces situations cliniques représentent un défi thérapeutique considérable, notamment lorsque l’intervention chirurgicale induirait une morbidité fonctionnelle ou esthétique importante, notamment dans le cas de localisations céphaliques [3].
L’avènement des inhibiteurs de points de contrôle immunitaires a entraîné une modification substantielle de la gestion des carcinomes épidermoïdes avancés. Les anticorps ciblant la voie PD1 (protéine 1 de la mort cellulaire programmée) ont mis en évidence une efficacité notable dans les formes métastatiques ou non résécables, avec des taux de réponse objective élevés et un profil de tolérance généralement acceptable. Le cémiplimab, un anticorps monoclonal ciblant la protéine PD1, constitue désormais un traitement de référence dans cette indication précise [4]. Plus récemment, l’emploi de ces agents dans un contexte néoadjuvant s’est révélé être une stratégie potentiellement avantageuse. L’administration préopératoire pourrait diminuer le volume tumoral, facilitant ainsi une intervention chirurgicale conservatrice, tout en induisant une activation immunitaire systémique plus conséquente, par le biais de la présence du tissu tumoral intact qui servirait de source antigénique [5].
Une étude de phase II a objectivé un taux de réponse pathologique complète s’élevant à 51 % avec l’immunothérapie néoadjuvante dans le cadre du carcinome épidermoïde cutané [6]. Les présentes données ont stimulé un intérêt grandissant pour cette approche.
Dans ce contexte, nous rapportons l’expérience du centre d’onco-dermatologie de l’hôpital Saint-Louis.
Matériel et méthodes
Nous avons mené une étude observationnelle rétrospective monocentrique incluant les patients ayant un carcinome épidermoïde cutané localement avancé et traités par cémiplimab dans un contexte néoadjuvant, entre octobre 2024 et juin 2025. Les patients étaient jugés inéligibles à une intervention chirurgicale en raison de la dimension de la tumeur, de son extension en profondeur ou de sa localisation[...]
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