Carcinomes épidermoïdes et nicotinamide
Le carcinome épidermoïde cutané (CEC) constitue un enjeu croissant de santé publique du fait de l’augmentation de son incidence, en particulier chez les patients âgés, fortement photo-exposés et immunodéprimés. Malgré l’efficacité démontrée de la photoprotection et des traitements de champ, leur impact préventif reste limité par une observance imparfaite et une efficacité insuffisante chez les patients à haut risque.
Dans ce contexte, la nicotinamide (vitamine B3) s’impose comme une option de chimioprévention systémique simple, bien tolérée et facilement accessible. Son rationnel biologique repose sur la restauration des réserves intracellulaires de NAD+, l’amélioration de la réparation de l’ADN photo-induit, la réduction du stress oxydatif et la préservation de l’immunité cutanée.
Plusieurs essais randomisés contrôlés, études observationnelles et méta-analyses montrent une diminution significative de l’incidence des kératoses actiniques et des carcinomes épidermoïdes, en particulier chez les patients immunocompétents à haut risque et chez les transplantés d’organes solides lorsque le traitement est introduit précocement.
Cet article propose une synthèse des données disponibles sur la nicotinamide dans la prévention des CEC, en distinguant son intérêt selon le statut immunitaire et la charge tumorale préalable, et en la positionnant par rapport aux autres stratégies de chimioprévention actuellement disponibles.

