Peaux noires

Mise au point interactive Peau noire et maladies systémiques : repenser le concept d’érythème
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En 2021 paraissait dans le British Journal of Dermatology, sous la plume de dermatologues renommés, un court article préconisant l’abandon du mot “érythème” pour les descriptions dermatologiques [1]. Les auteurs soulignaient son imprécision, son ambiguïté et son inadaptation aux patients à peau foncée. “Imprécision” puisque le terme est appliqué indifféremment à toutes les nuances de rouge, du rose pâle au rouge brique, quand ce n’est pas le violet ou l’orange. “Ambiguïté”, parce que bien qu’il désigne en principe une rougeur due à une congestion des capillaires dermiques (ce qui explique l’effacement de l’érythème quand on comprime ou étire la peau), il est souvent utilisé à mauvais escient pour n’importe quelle rougeur.

Revues générales
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Les maladies auto-immunes systémiques présentent des formes plus sévères et précoces chez les patients d’ascendance africaine. Ces populations sont sous-représentées dans les études cliniques et dans l’iconographie médicale. Le lupus érythémateux systémique y est 2 à 3 fois plus fréquent que chez les Caucasiens, avec un début plus jeune, une atteinte rénale fréquente, une mortalité accrue et des particularités immunologiques. Très peu de données sont disponibles en ce qui concerne la dermatomyosite ; elle se distingue par des calcinoses plus fréquentes, un érythème héliotrope rare et des dyschromies caractéristiques, souvent responsables de retards diagnostiques. La sclérodermie systémique débute précocement, avec une prédominance des formes diffuses sévères, des signes cutanés pigmentaires spécifiques et une association aux anticorps anti-U3RNP, liés à des atteintes viscérales graves. La sarcoïdose est plus fréquente et sévère, marquée par des lésions cutanées spécifiques et des atteintes systémiques, notamment cardiaques et neurologiques, de mauvais pronostic. Ces données mettent en évidence l’importance de former les cliniciens aux présentations atypiques sur peau noire, de réduire les inégalités d’accès aux soins et de promouvoir des études dédiées.