Arthrite postopératoire trompeuse pour un dermatologue

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Cas clinique

Le patient âgé de 53 ans est opéré d’un hallux rigidus du pied gauche : arthrodèse de la métacarpo-phalangienne (MP) et ostéotomie de Weil du second rayon. Il consulte le dermatologue 3 mois après l’intervention pour un problème de cicatrisation au niveau de son gros orteil gauche opéré. Le dermatologue note dans son observation : “plaie propre, profonde, pas de nécrose.” Le patient est sous amoxicilline + acide clavulanique prescrits par son chirurgien orthopédiste. Le dermatologue prescrit des pansements cicatrisants. Il revoit le patient 15 jours après et note : “œdème du pied gauche, plaie propre moins profonde, apyrétique (toujours sous amoxicilline + acide clavulanique).” Il intensifie les soins locaux avec des bains de pied (Bétadine®) et les soins infirmiers quotidiens.

Le patient est réopéré 3 semaines après : “traitement d’une nécrose cutanée du gros orteil pied gauche par ablation du matériel d’ostéosynthèse, plastie cutanée et lambeau de glissement.” Il revoit le dermatologue 1 mois après la seconde intervention. Il note un pied érythémateux et toujours une plaie persistante. Le dermatologue ne demande pas de radio osseuse car celle-ci a été effectuée au bloc il y a 1 mois. Il demande un bilan biologique avec CRP, VS normales et absence d’hyperleucocytose. Il fait faire des prélèvements bactériologiques au niveau de la plaie persistante qui retrouvent du Staphylococcus aureus sensible. Il met le patient sous pristinamycine car il craint un érysipèle secondaire.

Le patient consultera un autre chirurgien qui demandera une radio, laquelle confirmera la non-consolidation de l’arthrodèse avec signes d’arthrite de la MP et de l’IP (interphalangienne) du gros orteil du pied gauche. Le patient ne sera toutefois opéré que 2 mois plus tard : “sepsis sur ancienne tentative d’arthrodèse MTP1 (métatarsophalangienne) gauche, lavage, reprise d’arthrodèse de MTP1, arthroplastie de l’IPP (interphalangienne proximale.”

Discussion médico-légale

L’indication chirurgicale était justifiée. L’intervention s’est compliquée d’une nécrose postopératoire précoce. Cette nécrose cutanée s’est surinfectée et est à l’origine de l’ostéoarthrite. Ce n’est pas une infection nosocomiale [1]. En effet, l’infection, si elle est considérée comme nosocomiale, est toujours prise en charge soit par les établissements de santé (sauf faute avérée du praticien), soit par l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (ONIAM) si le seuil de gravité est supérieur à[...]

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À propos de l’auteur

Service de Dermatologie, Institut Arthur Vernes, PARIS.