Phénomène de Raynaud

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Le phénomène de Raynaud (PR) est l’acrosyndrome vasculaire le plus fréquent (10 % des femmes et 2-3 % des hommes) [1]. Il est plus fréquent chez la femme. Le diagnostic se fait à l’interrogatoire, car il n’y a généralement aucune manifestation clinique lors de la consultation. Il est la conséquence d’un vasospasme brutal de la microcirculation, généralement déclenché par l’exposition au froid. Il se décline en 3 phases :

  • La phase syncopale (dite “blanche”) : les doigts deviennent brutalement blancs, avec généralement une bonne délimitation (fig. 1 et 2). Cette phase dure de quelques minutes à quelques heures selon l’étiologie. Une diminution de la sensibilité (sensation de “doigts morts”) est souvent rapportée par le patient.

  • La phase asphyxique (“bleue”) : elle est la conséquence d’une stase veinulaire. Les doigts deviennent bleus, cyanosés. Elle dure quelques minutes.
  • La phase hyperhémique (“rouge”) : il s’agit d’une vasodilatation réflexe lors du réchauffement des doigts. Elle dure quelques minutes, les doigts sont rouges avec une sensation de brûlure.

Seule la phase syncopale est obligatoire pour retenir le diagnostic de PR, les 2 autres peuvent manquer à l’interrogatoire [2]. Leur absence n’élimine pas le diagnostic de PR. En revanche, il existe des PR atypiques, où seule la phase asphyxique est présente. Il ne faut pas confondre cette situation avec une simple acrocyanose. Le caractère paroxystique et transitoire est en faveur du PR. La topographie du PR concerne essentiellement les doigts, parfois les orteils. Les autres localisations (oreilles, nez…) sont exceptionnelles.

Éliminer un diagnostic différentiel

Parmi les principaux diagnostics différentiels en pratique, on citera :

  • Acrosyndrome non vasculaire : névralgie cervico-brachiale, algoneurodystrophie, syndrome du canal carpien…
  • Autre acrosyndrome vasculaire :
    – acrocyanose : doigts bleus de façon permanente, pas de caractère paroxystique, typiquement chez la jeune femme mince ;
    – acrocholose : doigts rouges, pas de caractère paroxystique, sensations de brûlures peu intenses des extrémités, caractère bénin ;
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À propos de l’auteur

Service de Dermatologie, Médecine vasculaire et Allergologie, Hôpital Tenon, PARIS.

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