Lasers, EBDs et phototypes

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Fitzpatrick [1] a proposé en 1975 une classification en 6 types (I à VI) en fonction de la réaction de la peau des individus lors d’une exposition solaire (fig. 1). Elle reste incontournable aujourd’hui, et sert également de base de référence pour toute réflexion concernant le choix d’un appareil et de ses paramètres pour le traitement par lasers ou EBDs.

L’évolution multiculturelle de la population dans la plupart des pays d’Europe et la facilitation des transports internationaux font que tout médecin utilisant des lasers voit (ou verra) dans sa clientèle des patients venus de tous horizons et de tout phototype.

Les problèmes liés à l’absorption d’énergie dans la peau augmentent avec le phototype et une grande prudence est de règle dès le phototype III – et ce jusqu’aux phototypes les plus foncés – sans négliger l’anamnèse de toute exposition solaire récente. La prévention des complications est primordiale pour la prise en charge des indications médicales ou esthétiques de l’épiderme et du derme. L’explication est histologique : la mélanine est l’un des 3 chromophores naturels de la peau (avec l’eau et l’hémoglobine) qui a la particularité d’avoir un spectre d’absorption de l’énergie étendu de 300 à 1 000 nm environ, selon une courbe très lentement dégressive. C’est dans ce même spectre qu’émettent les lasers les plus fréquemment utilisés en pratique quotidienne, à savoir les lasers épilatoires, vasculaires et pigmentaires ainsi que les lampes pulsées.

Pour rappel, le nombre de mélanocytes au niveau de la basale épidermique est sensiblement le même quel que soit le type de peau. Ce qui diffère avec les phototypes élevés, c’est la “charge” de mélanine plus élevée au sein des mélanocytes et des kératinocytes environnants ; plus la cible est “riche”, plus l’interaction énergie-tissu sera importante. Ainsi, le mauvais choix de l’appareil et de ses paramètres pour le traitement de lésions dermiques sur les phototypes élevés expose à une absorption non négligeable de l’énergie au niveau des couches superficielles de la peau, avec le risque de dégâts épidermiques possiblement cicatriciels et une efficacité moindre [2].

En pratique, pour l’épilation laser, le laser Nd:Yag (1 064 nm) s’impose comme la référence pour les phototypes élevés, avec notamment une efficacité démontrée sans risque pour le problème de folliculite incarnati de la barbe chez des sujets de phototype VI [3]. Les lasers diodes (810 nm) représentent une possible alternative. Cependant, les lasers alexandrites (755 nm), bien que plus répandus, sont à utiliser avec précaution et la plupart des lampes intenses pulsées sont à bannir dans cette indication.

Dans le domaine des indications vasculaires, c’est encore les lasers Nd:Yag qui seront privilégiés pour les[...]

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À propos des auteurs

Cabinet de Dermatologie, Saint-Paul-de-Vence.

Centre médical Saint-Jean, ARRAS.

Cabinet de Dermatologie, PARIS.

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