Dermatoses génitales spécifiques de l’homme

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Si la plupart des dermatoses génitales sont présentes chez la femme et chez l’homme, certaines sont spécifiques à ce dernier, comme la lymphangite sclérosante, la maladie de Mondor du pénis, les kystes du raphé médian et les balanites non spécifiques.

Lymphangite sclérosante

La lymphangite sclérosante du pénis a été décrite pour la première fois en 1923 par Hoffmann [1]. Considérée dans sa description initiale comme secondaire à une infection sexuellement transmissible (IST), il est désormais admis qu’elle survient le plus souvent en dehors de tout épisode infectieux [2]. Elle serait plutôt secondaire à une activité sexuelle intense (rapports sexuels prolongés ou multiples), la lésion apparaissant 24 ou 48 heures plus tard.

L’origine veineuse plutôt que lymphatique de la lésion prévaut actuellement en raison de l’absence de vaisseau lymphatique de taille importante à proximité du sillon balano-préputial et de l’existence d’un plexus veineux rétrocoronal circonférentiel se drainant dans la veine dorsale profonde du pénis.

Cliniquement, on observe une lésion d’installation aiguë, sous-cutanée, ferme à la palpation, linéaire ou serpigineuse, mesurant 2 à 4 cm de longueur, partiellement circonférentielle, située sous le sillon balano-préputial et parallèle à celui-ci, le plus souvent sur la face dorsale du pénis (fig. 1). La lésion est mobile par rapport à la peau sus-jacente. Elle est le plus souvent asymptomatique mais peut être sensible ou douloureuse lors de l’érection.

Les diagnostics différentiels à évoquer devant une lymphangite sclérosante sont la maladie de Mondor du pénis en premier lieu mais aussi un œdème vénérien du pénis, un kyste épidermique rompu, un corps étranger récréatif introduit volontairement sous le prépuce, une maladie de Lapeyronie (fibrose segmentaire de l’albuginée des corps caverneux pouvant se présenter initialement sous la forme d’un nodule douloureux) ou encore une localisation pénienne de granulome annulaire, de sarcoïdose ou de métastases.

Le diagnostic de lymphangite sclérosante est essentiellement clinique, après avoir éliminé par l’interrogatoire et l’examen clinique les diagnostics différentiels précités. En cas de doute, on peut faire pratiquer une échographie-Doppler du pénis, qui permet d’une part d’éliminer une thrombose de la veine dorsale superficielle du pénis et, d’autre part, de montrer[...]

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À propos de l’auteur

Service de Dermatologie Hôpital Saint-Louis, PARIS.