Urticaire chronique : nouveautés étiopathogéniques

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Auto-immunité

De nombreuses étapes sont nécessaires avant que les mastocytes puissent être en mesure de libérer leur contenu. Les processus initiaux d’activation des mastocytes ne mènent pas systématiquement à leur dégranulation mais les préparent à cette étape ultime. Dans le schéma classique, un antigène ou un anticorps anti-IgE s’accroche à une IgE fixée sur le récepteur de haute affinité FcεRI d’un mastocyte. Cela entraîne l’agrégation des FcεRI, puis l’activation des tyrosines kinases, ainsi que l’activation et la dégranulation des mastocytes. Ce schéma classique a été reconsidéré lorsqu’on s’est aperçu qu’en l’absence d’antigène, des IgE monomériques pouvaient entraîner la différenciation, la prolifération, la survie des mastocytes, et la synthèse de médiateurs et de cytokines. Ainsi, la fixation des IgE sur les FcεRI et l’agrégation des FcεRI ne déclenchaient pas de dégranulation, mais entraînaient la synthèse de cytokines – IL-1ß, IL-6 et colony-stimulating factor 1 –, de chémokines – IL-8 (CXCL8), CCL4 et monocyte chemoattractant protein-1 (CCL7) – et de récepteurs pour les chémokines et les cytokines. Il s’agit donc d’une activation sans dégranulation.

Les IgE sont hétérogènes dans leur action d’activation et sur la survie des mastocytes. À une extrémité du spectre, se trouvent des IgE hautement cytokinergiques (HC). Elles induisent survie, dégranulation, adhésion, migration, et l’expression de cytokines telles que l’IL-6 et le TNF-∝. À l’autre extrémité, sont présentes les IgE faiblement cytokinergiques. Les IgE hautement cytokinergiques ont de nombreuses réactivités contre des auto-antigènes : ADN simple brin ou double brin, ß-galactosidase, thyroglobuline et histamine-releasing factor. Ces auto-anticorps sont fréquemment trouvés dans les maladies auto-immunes. En revanche, les IgE faiblement cytokinergiques ne réagissent pas avec ces auto-antigènes.

Il existe une forte association entre maladies auto-immunes et urticaire chronique [1-6]. Les patients atteints d’urticaire chronique ont un risque multiplié par 7,7 à 28,8 de développer au moins une maladie[...]

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À propos de l’auteur

Service de Dermatologie et d’Allergologie, Hôpital Tenon, PARIS.

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